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Meraki Care & co

 

Que vaut un dispositif de dépistage s’il ne touche pas les personnes qui en sont le plus éloignées ?

Chaque mois d’octobre, Octobre Rose remet le cancer du sein au cœur de l’espace public. Les campagnes se multiplient, les messages circulent, les professionnels de santé relaient les recommandations.

Pourtant, une question demeure essentielle : que se passe-t-il pour les personnes qui ne voient pas ces messages, ne les comprennent pas, ne se sentent pas concernées ou rencontrent des obstacles pour passer à l’action ?

La prévention ne se joue pas uniquement dans la qualité de l’information.

Elle se joue aussi dans la capacité à créer les conditions qui permettent à chacun de s’en saisir.

 

Le dépistage existe. Encore faut-il y accéder.

En France, le programme national de dépistage organisé du cancer du sein invite les femmes de 50 à 74 ans à réaliser tous les deux ans une mammographie, associée à un examen clinique et à une seconde lecture des mammographies jugées normales lors de la première lecture.

Le dispositif est donc structuré et accessible sur l’ensemble du territoire.

Mais l’existence d’un dispositif ne signifie pas automatiquement son appropriation.

Les dernières données de Santé publique France montrent que le taux standardisé de participation au programme national était de 47,5 % en 2025, contre 43,9 % en 2024. Sur la période 2024-2025, il atteint 45,7 %, contre 46,6 % en 2022-2023. Santé publique France signale également des difficultés d’accès à la mammographie rapportées par des acteurs locaux.

Ces chiffres doivent être interprétés avec prudence, notamment parce qu’une partie des femmes réalise un dépistage en dehors du programme organisé. Ils montrent néanmoins une réalité importante : une information disponible ne produit pas nécessairement une action.

 

Pourquoi certaines personnes restent-elles à distance ?

L’éloignement du dépistage peut avoir plusieurs visages.

Il peut être géographique : difficulté de déplacement, éloignement d’un lieu de soins ou absence de transport.

Il peut être social ou économique.

Il peut être culturel ou linguistique.

Il peut aussi être psychologique : peur du résultat, mauvaise expérience antérieure, gêne, sentiment de ne pas être concernée ou tendance à repousser un examen qui ne paraît pas urgent.

Et parfois, l’obstacle est beaucoup plus simple : personne n’a pris le temps d’expliquer concrètement ce qui allait se passer.

C’est là que la démarche d’« aller vers » prend tout son sens.

 

Aller vers, ce n’est pas seulement déplacer une action

Aller vers ne consiste pas simplement à installer un stand ailleurs.

C’est d’abord accepter de partir des réalités du public.

Où les personnes vivent-elles ? Où travaillent-elles ? Quels lieux fréquentent-elles ? Qui écoutent-elles ? Quels mots comprennent-elles ? Quelles craintes peuvent les empêcher d’agir ?

Une action de prévention peut alors prendre place dans une association, une résidence, un établissement médico-social, un village, un lieu de vie, un espace de proximité.

Elle peut être portée avec les acteurs qui connaissent déjà le territoire.

Elle peut prendre davantage de temps pour expliquer, rassurer, répondre aux questions et orienter.

L’enjeu n’est pas seulement de faire passer un message. Il est de réduire la distance entre le message et l’action.

 

Informer, sensibiliser, orienter : trois étapes différentes

Une campagne peut informer.

Une intervention de terrain peut sensibiliser.

Mais une démarche de prévention efficace doit également permettre d’orienter.

La personne doit savoir ce qu’elle peut faire, où aller, auprès de qui, dans quel délai et avec quelles modalités.

Cette dernière étape est essentielle, car la prévention ne se termine pas au moment où le participant quitte l’atelier.

Elle commence parfois véritablement à ce moment-là.

Le rôle des acteurs de proximité peut alors être déterminant : professionnels médico-sociaux, associations, collectivités, CPTS, centres de coordination, professionnels de santé ou acteurs locaux peuvent contribuer à créer ce lien entre le public et le dispositif existant.

 

Et si le bon indicateur n’était pas seulement le nombre de personnes informées ?

Compter les participants est utile.

Mais ce n’est pas toujours suffisant.

Pour une action d’« aller vers », il peut être intéressant de regarder également combien de personnes ont exprimé une question, combien ont identifié un lieu de dépistage, combien ont été orientées, combien ont réellement franchi l’étape suivante.

Cela change notre manière de concevoir la prévention.

On ne cherche plus seulement à faire une action.

On cherche à créer les conditions pour qu’une personne puisse faire quelque chose de sa santé.

 

Chez Meraki Care & Co, prévenir signifie aller jusqu’au passage à l’action

C’est le sens que nous donnons à la prévention chez Meraki Care & Co.

Nous intervenons auprès de publics et de structures qui ne disposent pas toujours du temps, des ressources ou des compétences nécessaires pour porter eux-mêmes certaines actions de prévention.

Notre démarche repose sur l’aller vers, la proximité, l’adaptation des messages et la mise en lien avec les acteurs du territoire.

Parce qu’en santé publique, informer ne suffit pas toujours.

Il faut parfois aller là où sont les personnes.

Prendre le temps. Adapter le message. Créer la confiance. Et surtout, rendre le premier pas possible.

Dépister, c’est prévenir.
Mais permettre à chacun d’accéder au dépistage, c’est déjà agir contre les inégalités de santé.

 

Sources

  • Santé publique France, Participation au programme national de dépistage organisé du cancer du sein en 2024-2025 et évolution depuis 2010, mise à jour du 6 juillet 2026.
  • Santé publique France, Évaluation du programme de dépistage du cancer du sein.
  • Santé publique France, Couverture totale du dépistage du cancer du sein, dans et hors programme organisé, de 2016 à 2022.