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Meraki Care & co

 

Rentrée, reprise d’activité, nouveaux projets, recrutements, changements organisationnels…


Pour de nombreuses structures, septembre marque un nouveau départ. Les agendas se remplissent, les projets redémarrent, les équipes se reconstituent et les priorités se précisent.

Mais derrière cette apparente dynamique de rentrée se joue une autre réalité, moins visible : celle de la charge mentale, de la fatigue accumulée et des conditions dans lesquelles les professionnels reprennent leur activité.

Car la rentrée ne sollicite pas uniquement les organisations. Elle sollicite aussi les personnes qui les font fonctionner.

Et lorsque plusieurs changements interviennent simultanément, cette période peut devenir un terrain particulièrement favorable à l’apparition de tensions, de stress ou d’une forme d’usure professionnelle.

 

Une reprise qui concentre de nombreuses sollicitations

Après plusieurs semaines de fonctionnement parfois ralenti, la rentrée constitue souvent un moment d’intensification.

Les professionnels reprennent leurs activités, retrouvent leurs collègues, découvrent parfois de nouveaux interlocuteurs ou de nouvelles organisations. Les projets mis en attente avant l’été redémarrent. De nouveaux objectifs apparaissent. Des recrutements peuvent modifier les équilibres d’équipe. Des départs doivent être compensés. Des décisions organisationnelles doivent être mises en œuvre.

Dans les structures médico-sociales, sanitaires, associatives ou sociales, cette période peut également être marquée par une forte pression opérationnelle : continuité de l’accompagnement, contraintes de planning, difficultés de recrutement, évolution des besoins des publics accompagnés et nécessité de maintenir la qualité de service.

À cela s’ajoutent parfois les attentes accumulées avant l’été : des dossiers reportés, des décisions restées en suspens, des difficultés qui n’ont pas disparu pendant les congés.

La rentrée peut donc concentrer en quelques semaines une quantité importante de changements et de sollicitations.

Or, ce n’est pas nécessairement le changement en lui-même qui fragilise les professionnels. C’est souvent la manière dont il est vécu, expliqué, organisé et accompagné.

 

Les risques psychosociaux apparaissent aussi dans les périodes de transition

Lorsque l’on parle de risques psychosociaux, on pense spontanément aux situations les plus visibles : conflit ouvert, épuisement professionnel, absentéisme important, violence ou harcèlement.

Pourtant, les RPS peuvent s’installer progressivement, parfois bien avant qu’une situation ne devienne critique.

La définition de référence retenue par les pouvoirs publics associe notamment les risques psychosociaux aux situations de stress, de violences internes ou externes et à l’ensemble des facteurs liés à l’organisation, aux relations de travail et aux conditions dans lesquelles l’activité est réalisée.

La Direction générale du Travail, l’INRS et l’Anact rappellent ainsi l’importance d’une prévention centrée sur les facteurs de risque présents dans le travail lui-même.

Cela signifie qu’une démarche de prévention ne devrait pas attendre que les professionnels soient déjà en difficulté.

Elle doit aussi s’intéresser aux périodes durant lesquelles l’organisation évolue fortement.

Une rentrée peut ainsi constituer un moment pertinent pour observer ce qui se passe réellement dans les équipes : comment les informations circulent-elles ? Les priorités sont-elles claires ? Les nouveaux projets sont-ils compris ? Les professionnels disposent-ils des moyens nécessaires ? Les changements sont-ils suffisamment expliqués ? Les managers savent-ils quelles difficultés rencontrent leurs équipes ?

Ces questions peuvent sembler simples. Pourtant, elles sont essentielles.

 

Prévenir l’usure professionnelle commence par regarder le travail réel

La qualité de vie et des conditions de travail ne se résume pas à proposer ponctuellement une activité de bien-être aux salariés.

Elle repose d’abord sur la possibilité de réaliser son travail dans des conditions qui permettent de préserver sa santé, son engagement et son efficacité.

C’est pourquoi la prévention des RPS nécessite de s’intéresser au travail réel, et pas uniquement à l’organisation telle qu’elle est prévue sur le papier.

Deux équipes peuvent être soumises à la même réorganisation et la vivre de manière complètement différente.

Dans l’une, les objectifs sont clairement expliqués, les professionnels disposent d’espaces de discussion, les arbitrages sont assumés et les difficultés peuvent être remontées.

Dans l’autre, les changements s’enchaînent sans véritable temps d’appropriation, les informations circulent de manière informelle et chacun tente de trouver ses propres solutions.

Le risque n’est alors pas uniquement lié à la quantité de travail.

Il peut être lié au sentiment de ne plus avoir de prise sur son activité, à l’incertitude, au manque de reconnaissance, aux contradictions entre les demandes ou encore à l’impression de ne pas pouvoir effectuer son travail correctement.

 

Préparer la rentrée, c’est aussi préparer les conditions de travail

Une rentrée réussie ne consiste donc pas seulement à remettre les plannings en ordre ou à relancer les projets.

Elle peut être l’occasion de poser un temps d’observation et de dialogue.

Avant que les difficultés ne deviennent des problèmes, quelques questions peuvent permettre de prendre la température des équipes : qu’est-ce qui a changé depuis quelques mois ? Qu’est-ce qui fonctionne moins bien ? Où se situent les principales tensions ? Quelles sont les priorités réellement comprises ? Quels sont les besoins des professionnels pour aborder cette nouvelle période ?

Cette démarche ne signifie pas ralentir l’activité.

Au contraire, elle permet souvent de sécuriser la reprise pour éviter que les difficultés ne deviennent ensuite des freins beaucoup plus coûteux pour l’organisation.

La prévention peut également passer par un travail avec les encadrants. Les managers sont souvent les premiers à observer les changements de comportement, les tensions ou les signes de fatigue. Mais ils peuvent eux-mêmes être soumis à une forte pression et ne disposent pas toujours des outils nécessaires pour savoir comment agir.

Les soutenir dans leur rôle de prévention constitue donc un levier important.

 

De la QVCT à une véritable culture de prévention

La QVCT prend tout son sens lorsqu’elle devient une démarche inscrite dans le fonctionnement quotidien de l’organisation.

Il ne s’agit pas uniquement d’intervenir lorsque les indicateurs sociaux se dégradent. Il s’agit de créer progressivement une culture dans laquelle les difficultés peuvent être exprimées, les changements discutés et les situations de travail analysées avant qu’elles ne deviennent critiques.

L’Anact souligne notamment l’intérêt d’inscrire les démarches de QVCT dans une approche centrée sur le travail et sur la possibilité donnée aux salariés de participer aux transformations qui les concernent.

Cette dimension participative est particulièrement importante dans les périodes de transition.

Un changement imposé peut être vécu comme une contrainte. Un changement expliqué, discuté et accompagné peut devenir un projet collectif.

La différence ne se trouve donc pas uniquement dans la décision prise, mais aussi dans la manière dont elle est conduite.

 

Et si la rentrée était justement le bon moment pour agir ?

Attendre que les premiers arrêts maladie apparaissent, que les tensions deviennent visibles ou que certains professionnels expriment leur souhait de partir signifie souvent que le processus d’usure est déjà engagé.

À l’inverse, profiter de la rentrée pour prendre quelques heures afin d’écouter les équipes, identifier les facteurs de tension et réfléchir collectivement aux conditions de travail peut constituer une véritable démarche de prévention.

La rentrée devient alors non plus seulement un moment de reprise, mais un moment stratégique pour prévenir l’usure professionnelle.

 

L’approche Meraki Care & Co

Chez Meraki Care & Co, nous accompagnons les structures qui souhaitent travailler concrètement sur leur qualité de vie et leurs conditions de travail et sur la prévention des risques psychosociaux.

Notre approche privilégie le terrain, l’écoute et l’adaptation aux réalités de chaque organisation. L’objectif n’est pas d’appliquer une démarche standardisée, mais de partir des situations réellement rencontrées par les équipes afin d’identifier les leviers d’action pertinents.

Selon les besoins, l’accompagnement peut notamment permettre de travailler autour des situations de tension, de la communication, de la prévention de l’usure professionnelle, des transformations organisationnelles ou encore de l’accompagnement des équipes et des encadrants.

Parce que la prévention des RPS ne devrait pas être une réponse apportée uniquement lorsque la situation devient urgente.

Elle peut commencer dès maintenant, au moment où l’organisation se prépare à reprendre, évoluer et construire la suite.

 

Conclusion

Le véritable défi de la rentrée n’est donc peut-être pas de savoir comment faire entrer davantage de choses dans les agendas.

Il est de savoir dans quelles conditions les professionnels vont pouvoir les réaliser.

Une organisation peut avoir des projets ambitieux, des objectifs précis et une stratégie solide. Mais sa capacité à les mettre en œuvre dépend aussi de celles et ceux qui les portent au quotidien.

Préparer la rentrée, c’est donc aussi prendre soin du travail.

Et parfois, la meilleure façon de prévenir les risques psychosociaux consiste simplement à regarder suffisamment tôt ce qui se passe dans les équipes.

Parce qu’une rentrée réussie commence aussi par des équipes qui vont bien.

 

Sources