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Meraki Care & co

 

Un projet peut être parfaitement construit, financé et planifié… et pourtant ne jamais vraiment décoller.

Sur le papier, tout peut sembler réuni : un diagnostic, des objectifs, un calendrier, un budget, des partenaires identifiés et parfois même un financement obtenu.

Pourtant, quelques mois plus tard, le projet peut s’essouffler. Les réunions deviennent moins fréquentes, les professionnels s’impliquent moins, les partenaires répondent moins rapidement et les actions prévues prennent du retard.

Pourquoi ?

Parce qu’un projet ne se résume jamais à un dossier.

Un projet devient réellement vivant lorsqu’il est compris, approprié et porté par les personnes qui vont le mettre en œuvre.

Dans le secteur médico-social, sanitaire, social ou associatif, cette dimension est particulièrement importante. Les projets transforment souvent les pratiques, les organisations et parfois les habitudes professionnelles. Leur réussite dépend donc autant de la qualité de leur conception que de la capacité à embarquer celles et ceux qui vont les faire vivre.

 

De la bonne idée au projet réellement partagé

Une idée peut être excellente et répondre à un besoin parfaitement identifié. Cela ne signifie pas automatiquement que les équipes vont y adhérer.

Il existe en effet une différence importante entre informer une équipe d’un projet et lui permettre de devenir actrice de ce projet.

Informer consiste à présenter une décision déjà prise : voici ce qui va être fait, voici le calendrier, voici les nouvelles modalités.

Mobiliser suppose une démarche différente. Elle commence beaucoup plus tôt et cherche à comprendre comment les personnes concernées perçoivent le problème, ce qu’elles observent sur le terrain, ce qui pourrait fonctionner et ce qui risque au contraire de créer des difficultés.

Cette différence peut sembler subtile.

Elle est pourtant déterminante.

Lorsqu’un professionnel comprend pourquoi un projet est nécessaire, qu’il peut faire entendre son expérience et qu’il voit comment son travail peut contribuer à sa réussite, il ne se trouve plus simplement en position d’exécutant.

Il devient partie prenante.

 

L’adhésion ne se décrète pas

Dans les organisations, on entend parfois parler de « résistance au changement » lorsque les équipes expriment des réserves face à un nouveau projet.

Cette lecture peut être trop rapide.

Une résistance peut parfois traduire une inquiétude légitime, un manque d’information, une expérience passée difficile ou simplement la perception d’un décalage entre le projet imaginé et la réalité du terrain.

Avant de chercher à convaincre, il est donc essentiel de comprendre.

Qu’est-ce qui inquiète les professionnels ?

Qu’est-ce qui leur paraît difficilement réalisable ?

Quels impacts le projet aura-t-il sur leur activité ?

Quelles ressources seront nécessaires ?

Quels moyens leur seront réellement donnés pour réussir ?

Ces questions permettent de passer d’une logique de communication à une véritable logique de co-construction.

Et c’est souvent cette étape qui fait la différence entre un projet qui reste dans un document et un projet qui devient une dynamique collective.

 

Pourquoi les équipes doivent être mobilisées dès la conception

Un projet conçu uniquement à partir d’une vision institutionnelle peut être cohérent sur le plan stratégique tout en rencontrant des difficultés au moment de sa mise en œuvre.

Les professionnels de terrain possèdent en effet une connaissance que les documents ne peuvent pas toujours restituer : celle du quotidien.

Ils savent où se situent les contraintes, quelles habitudes fonctionnent, quelles pratiques sont déjà présentes et quelles adaptations seront nécessaires.

Les associer dès la conception permet donc d’enrichir le projet.

Cela permet également d’identifier plus tôt les obstacles potentiels.

Une action imaginée comme simple peut nécessiter beaucoup plus de temps que prévu. Un outil présenté comme évident peut être difficile à intégrer dans les pratiques. Une nouvelle organisation peut avoir des conséquences inattendues sur les équipes.

Ces informations ne sont pas des freins au projet.

Elles permettent de rendre le projet plus réaliste.

L’écoute du terrain devient alors un véritable outil d’ingénierie de projet.

 

Donner du sens pour créer de l’engagement

L’engagement repose également sur le sens.

Les professionnels ont besoin de comprendre pourquoi une transformation est nécessaire, à quel besoin elle répond et quelle amélioration elle doit produire pour les personnes accompagnées, les équipes ou le territoire.

Cette question du sens est particulièrement importante dans les secteurs sanitaire, social et médico-social, où les professionnels sont souvent profondément attachés à la qualité de l’accompagnement.

Un projet qui apparaît comme une contrainte supplémentaire peut être difficile à mobiliser.

Un projet qui est clairement relié à une problématique rencontrée sur le terrain peut au contraire devenir une source de motivation.

Le sens transforme une obligation en intention collective.

C’est pourquoi la communication autour d’un projet ne devrait pas seulement expliquer ce qui va être fait. Elle devrait aussi raconter pourquoi il est nécessaire de le faire.

 

La co-construction ne signifie pas que tout le monde décide de tout

Co-construire ne signifie pas abandonner le rôle du pilote ou renoncer à prendre des décisions.

Une organisation a besoin d’un cadre, d’une gouvernance et d’un responsable clairement identifié.

La co-construction consiste plutôt à créer des espaces dans lesquels les personnes concernées peuvent apporter leur expertise, questionner les modalités proposées et contribuer à leur amélioration.

Le porteur du projet reste garant de la cohérence globale.

Mais il ne porte plus seul le projet.

Cette distinction est essentielle.

Un projet collectif ne signifie pas que tout le monde fait tout. Il signifie que chacun comprend sa place dans sa réussite.

 

L’adhésion se construit aussi dans le temps

L’un des pièges fréquents consiste à considérer que l’adhésion est acquise une fois le projet présenté.

Or, l’engagement évolue.

Il peut être très fort au lancement puis diminuer lorsque les premières difficultés apparaissent. Il peut également se renforcer lorsque les équipes constatent concrètement les bénéfices du projet.

C’est pourquoi la mobilisation doit être entretenue tout au long du projet.

Les résultats intermédiaires doivent être partagés. Les difficultés doivent pouvoir être discutées. Les réussites doivent être valorisées. Les ajustements doivent être expliqués.

Cette dynamique permet de maintenir le lien entre l’intention initiale et la réalité du terrain.

Elle contribue également à éviter un phénomène fréquent : le projet qui repose progressivement sur quelques personnes très engagées tandis que le reste de l’organisation se désinvestit.

Un projet durable ne repose pas sur une personne exceptionnelle

Cette question rejoint un autre enjeu essentiel de l’ingénierie de projet : la pérennité.

Un projet peut être porté avec beaucoup d’énergie par une personne particulièrement investie. Mais si cette personne quitte l’organisation, change de fonction ou n’est plus disponible, que reste-t-il ?

Si les connaissances n’ont pas été partagées, si les rôles ne sont pas clairement définis, si les partenaires ne sont pas identifiés collectivement et si les outils ne sont pas structurés, le projet peut rapidement perdre sa dynamique.

À l’inverse, lorsque les équipes sont associées, que les responsabilités sont partagées et que les modalités de fonctionnement sont formalisées, le projet devient moins dépendant d’un individu.

La véritable réussite d’un projet est donc aussi sa capacité à survivre à ceux qui l’ont initié.

 

Comment favoriser concrètement l’adhésion ?

Il n’existe pas une méthode unique.

Chaque organisation possède sa culture, son histoire, ses contraintes et son mode de fonctionnement.

Mais plusieurs principes peuvent guider la démarche : associer les équipes suffisamment tôt, partir des réalités du terrain, expliciter le sens du projet, identifier les bénéfices attendus, reconnaître les contraintes et prévoir des espaces réguliers de dialogue.

Il est également important de ne pas sous-estimer le temps nécessaire à cette mobilisation.

La concertation, l’animation des réunions, la coordination des acteurs, la reformulation des besoins et l’accompagnement du changement constituent une véritable activité d’ingénierie.

Elles nécessitent du temps, des compétences et une méthode.

Et ce temps n’est pas du temps perdu.

C’est précisément ce qui permet ensuite au projet de gagner en efficacité.

 

L’approche Meraki Care & Co

Chez Meraki Care & Co, nous accompagnons les structures dans la conception, la structuration et l’animation de leurs projets, avec une attention particulière portée à la mobilisation des équipes et des acteurs du territoire.

Notre approche consiste à ne pas dissocier l’ingénierie du projet de sa réalité humaine.

Un projet doit être cohérent sur le papier, mais il doit surtout pouvoir fonctionner sur le terrain.

Nous pouvons ainsi intervenir en amont pour clarifier les objectifs et les parties prenantes, accompagner la co-construction, structurer la gouvernance, faciliter la mobilisation des acteurs ou encore soutenir la mise en œuvre et l’évaluation du projet.

L’objectif est de permettre aux structures de ne pas porter seules la complexité du projet et de créer les conditions nécessaires à une véritable dynamique collective.

 

Conclusion

Un projet ne devient pas collectif parce qu’il est présenté à une équipe.

Il le devient lorsque les personnes comprennent son sens, peuvent y contribuer et trouvent leur place dans sa mise en œuvre.

L’adhésion n’est donc pas une étape secondaire de la gestion de projet. Elle en constitue l’une des conditions de réussite.

Avant de demander à une équipe de faire vivre un projet, il faut parfois commencer par lui donner une raison d’y croire.

Et poser cette question simple :

Vos équipes sont-elles simplement informées… ou réellement engagées ?

 

 

Sources

  • ANACT – Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail, ressources sur la conduite des transformations et la participation des salariés : https://www.anact.fr/
  • Ministère du Travail, ressources relatives au dialogue social, à la participation et aux transformations du travail : https://travail-emploi.gouv.fr/
  • HAS – Haute Autorité de santé, ressources relatives à la participation des personnes et à l’amélioration de la qualité des accompagnements : https://www.has-sante.fr/